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Paul Miller est journaliste à The Verge, site américain de l’actualité technologique, de l’information et des médias. En mai 2012, il décide de se déconnecter d’Internet pendant une année et de limiter son usage du téléphone portable, tout en continuant à travailler à New York.

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Paul Miller (Source: The Verge)

« Mon monde s’est rétréci à ce qui se passe à 10km de chez moi. C’est dur parfois de comprendre l’intérêt que portent mes amis aux derniers sujets à la mode sur Facebook. Ils détestent aussi m’appeler pour me faire passer des informations courtes qu’ils auraient pu texter à la place ! ».

“J’ai de la chance de pouvoir me déconnecter car l’expérience intéresse The Verge”, explique-t-il. “La déconnexion est un sujet en lui-même mais pas une technique pour devenir meilleur journaliste.” En cure de sevrage, il se concentre sur son écriture. « Mes recherches sont de toute manière devenues plus difficiles à mener. Je base mes articles surtout sur des interviews. »

Surprenante décision de la part de quelqu’un qui se décrit volontiers comme un « nerd ». Il produit environ un article par semaine, écrit sur un iPad sans internet et transmis via clé USB à son bureau. Sur le ton de l’humour, il raconte son expérience.

Son dernier article traite de la manière dont Internet a affecté sa consommation de la pornographie. Se définissant comme un « consommateur de porno, chrétien et anti-porno »,  il explique qu’aujourd’hui, il ne consomme plus de vidéos ou de photos X car il ne bénéfice plus de l’anonymat d’Internet. Il a d’autres tentations. La nudité dans les films retrouve un nouvel attrait. Sinon, il y a les filles dans les bars.

Être déconnecté lui a aussi permis de prendre du recul sur les élections américaines. Quand Romney a renvoyé les Américains à son site Web pour lire les arguments qui démontrent les mensonges d’Obama, et vice-versa, le journaliste Paul Miller s’en est retrouvé frustré. « Je pense toujours qu’Internet est un grand espoir pour la vérification des faits, mais pour le moment ça penche trop vers la dictature des masses et l’éphémère », écrit-il.

Alors qu’il habite à New York, il a le sentiment de rater des éléments de la vie culturelle. « Le New York Magazine vient de publier la liste des 10 albums de l’année, et pour la première fois je n’en avais entendu parler que d’un », avoue-t-il avec une pointe de regret.

Il affirme pourtant que se déconnecter d’Internet est la meilleure décision qu’il n’ait jamais prise de sa vie. « Je veux être sûr qu’au moment d’y retourner, ce sera moi qui décidera de ce que je fais d’Internet et non l’inverse », conclut-il. « J’essaye de parler un peu plus aux gens, mais c’est difficile de tomber par hasard sur quelqu’un qui partage les mêmes intérêts que moi. Au fond, je suis toujours un nerd qui passe la plupart de son temps chez lui. »

 A la fin de l’entretien, Paul Miller demande de lui envoyer notre dossier…par courrier.

Sunniva Rose 

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