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Une véritable économie se développe autour du besoin de déconnexion des Américains. Entre traitement médical cinq étoiles et vacances « nature », les accros aux nouvelles technologies se ressourcent au prix fort. 

une yourte CCsimounef Flickr

(Source: Flickr/CC/simounef)

reSTART, la rehab’ des web addicts

Au milieu de la campagne verdoyante de Fall City (Washington), un programme de déconnexion inédit côtoie les géants de l’informatique, Microsoft et Nintendo. Créé en 2009, reSTART est le premier centre de traitement résidentiel américain spécialisé dans les addictions à Internet. Au menu: méditation, psychothérapie, sport… Régénérescence assurée pour les “webomaniaques”.

Pour 16.000 euros minimum la cure, les candidats à la désintoxication logent pendant 45 jours dans le cadre idyllique du centre de retraite de Heavensfield. Une verrière avec mobilier en bois de caractère sert de centre de consultation au milieu de la nature. Les dépendances à Internet sont diverses : jeux, pornographie, etc. Le centre fait appel à des psychothérapeutes dans le cas où les patients ont besoin d’un traitement médical. Il n’existe pas de statistiques sur le niveau de rechutes post-cure.

S’ils éprouvent le besoin de s’isoler, les résidents peuvent se réfugier sur la canopée de la forêt: une cabane avec des bougies, un tapis épais et un lit douillet les attendent. Toute une ménagerie a remplacé la souris de l’ordinateur : raton laveur, chèvre, chien, chat, poules, colombes…

« Nous n’accueillons pas plus de sept personnes à la fois, explique Hilarie Cash, l’une des co-fondatrices du centre. Les personnes traitées laissent tous leurs appareils électroniques chez eux ou avec nous.” Elles partagent aussi leur chambre à coucher avec un(e) autre patient(e). “C’est pour créer du lien social, précise Mme Cash. Ces personnes ont souvent des troubles relationnels”. Elles renoncent également à avoir accès à leur propre argent, et reçoivent de l’argent de poche en échange de leur collaboration lors des exercices obligatoires qui entendent rendre la parole au corps (yoga, randonnée, psychothérapie, fitness, etc.)

Internet Anonymous CCmandiberg Flickr

(Source: Flickr/CC/mandiberg)

Le profil des patients? « Ce sont surtout de jeunes adultes entre 18 et 28 ans qui ont raté le début de leur vie active. Ils sont dépendants d’un aspect de l’Internet, repliés sur eux-mêmes, et vivent avec leur famille. » C’est souvent les proches qui les poussent au traitement sous menace de ne plus les héberger.  A ce jour, seulement deux personnes ont choisi d’abandonner le programme avant sa fin.

Pour environ 4.500 euros par semaine de plus, les patients bénéficient d’un SAV du traitement. Logés dans un appartement non loin du centre, ils sont reçus plusieurs fois par semaine par le personnel du Heavensfield Center pour approfondir la cure. Ils peuvent aussi se joindre au groupe créé par Mme Cash, les Dépendants d’Internet et de la Technologie Anonymes, calqué sur le modèle des Alcooliques Anonymes.

A Digital Detox, les vacances sont consacrées à la méditation et au sport. Interdiction de parler travail.

Si les web addicts n’ont pas le temps, ou l’argent pour faire une cure de 45 jours, ils peuvent toujours passer un long week-end de vacances avec Digital Detox, dans la nature sauvage de Californie. Ses valeurs : « pas de boss, pas d’Internet, pas de téléphone portable, pas de montre, pas de travail ». Le tout combiné avec les délices du « yoga, des sources d’eau chaudes naturelles, de la méditation, de la randonnée, de l’art, de la cuisine et de la nature ».  « Une vraie colonie de vacances pour adultes », résume Levi Felix, co-fondateur de Digital Detox.

Logés dans une éco-yourte ou dans une chambre commune, “les vacanciers viennent de tous les horizons”, explique M.Felix. « Nous accueillons des employés de Google et de Facebook, mais aussi des écrivains, des professeurs, des musiciens. Ils paient entre $750 et $950. Nous leur laissons le choix de la somme. Cela finance des retraites pour des personnes qui peuvent seulement payer $450. »

Fall City CCNicolassince1972 Flickr pour centre heavensfield

Fall City, WA (source: Flickr/CC/Nicolassince1972)

« Logiquement, nous gardons leurs téléphones portables et leurs ordinateurs. Il ne faut pas qu’il y ait de tentation. Mais en plus : l’alcool est prohibé, parler travail est interdit. Ainsi, personne ne sait ce que les autres font dans la vie”, explique M. Felix. Et selon le co-fondateur de Digital Detox, « personne ne se plaint ».

Pour lui, la méthode est efficace : “quand les vacanciers rentrent chez eux, certains me disent avoir freiné leur utilisation de leurs ordinateurs et téléphones portables. Ils ne les amènent plus dans leur chambre à coucher par exemple ».

Son entreprise est en pleine expansion : en 2013, il organisera des retraites au Nicaragua, au Costa Rica et au Cambodge.

Sunniva Rose

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